Parcours de l’Irlande au sein de l’Union européenne

La participation active de l’Irlande à l’Union européenne a suivi un parcours de transformation, de coopération et d’influence croissante. Depuis son adhésion en 1973, l’Irlande a bénéficié d’une intégration économique, pris part à d’importantes décisions de l’UE et contribué à façonner l’Union au fil de différentes présidences et de différents référendums majeurs.

L’Irlande a occupé la présidence du Conseil de l’Union européenne en 1975, 1979, 1984, 1990, 1996, 2004 et 2013. Elle assumera la présidence pour une huitième fois à partir du mois de juillet 2026. Ces présidences, qui se sont souvent déroulées en période de changements importants, ont mis en lumière le rôle et l’efficacité de l’Irlande en tant que négociatrice et médiatrice efficace au sein de l’Union.

Cette chronologie explore les jalons qui ont défini le rôle de l’Irlande en Europe pendant plus de cinq décennies.

1 janvier 1973

L’Irlande rejoint la famille européenne

Après plusieurs années de préparation et une candidature antérieure, l’Irlande signe en 1972 le traité relatif à l’adhésion pour rejoindre la Communauté économique européenne, précurseur de l’actuelle Union européenne. Avec l’adhésion à la CEE, l’Oireachtas n’était plus le seul pouvoir législatif de l’État. Il a donc fallu organiser un référendum afin de modifier la Constitution irlandaise

Plus de quatre personnes sur cinq au sein de l’électorat ont voté en faveur du référendum, qui s’est tenu le 10 mai 1972. L’Irlande a rejoint la CEE le 1er janvier 1973.

EU flag

1 janvier 1975

Former Taoiseach Liam Cosgrave painted portrait in full, with the subject sitting in a chair being lit from the right overhead side

L’Irlande occupe pour la première fois la présidence du Conseil de l’Union européenne

L’Irlande a assumé sa première présidence du Conseil des Communautés européennes de janvier à juin 1975, sous la direction du Premier ministre irlandais (Taoiseach), Liam Cosgrave. La directive sur l’égalité salariale (directive du Conseil 75/117/CEE) établissant le principe d’égalité salariale entre hommes et femmes a été adoptée sous la présidence.

Pendant la présidence, un accord a été trouvé pour commencer à travailler sur la création d’une union des passeports et de droits communautaires communs pour les citoyens de la Communauté européenne.

L’ancien Taoiseach, le Dr Garrett FitzGerald, a déclaré que le succès de la première présidence européenne de l’Irlande avait contribué à renforcer la réputation du pays en tant que partenaire européen sérieux.

1 juillet 1979

Représentants au Parlement européen élus au suffrage universel direct

L’Irlande a assumé sa deuxième présidence du Conseil des Communautés européennes de juillet à décembre 1979, sous la direction du Taoiseach Jack Lynch, puis du Taoiseach Charles Haughey.

En juin 1979, les citoyens européens ont, pour la première fois, eu des représentants au Parlement européen élus au suffrage universel direct. L’Irlande a élu 15 représentants, ou membres du Parlement européen (députés européens).

Simone Veil fut la première Présidente du Parlement européen. Celle-ci a nommé une Irlandaise, Anne-Marie Manson-Hennon, dans l’équipe de conseillers spéciaux du cabinet de la Présidente. Entre autres tâches, Mme Manson-Hennon était chargée de tenir la Présidente informée des travaux des 15 commissions du Parlement.

1 juillet 1984

Les États membres s’entendent à accorder une augmentation de l’aide pour la lutte contre la famine et du soutien apporté à l’Afrique

L’Irlande a assumé sa troisième présidence du Conseil des Communautés européennes de juillet à décembre 1984, sous la direction du Taoiseach Garret FitzGerald. Pendant cette présidence, la CEE a signé l’accord de coopération commerciale et économique avec la Chine.

Entre autres réalisations majeures, cette présidence s’est distinguée pour ses travaux en faveur d’un accord sur la question de l’aide humanitaire en Afrique. Pendant cette période, les États membres ont convenu d’octroyer une aide monétaire et alimentaire d’urgence à l’Afrique en tant que mesures de lutte contre la famine.

24 décembre 1986

Approbation des traités européens en Irlande

La veille de Noël de l’année 1986, le Président Patrick Hillery a signé l’amendement de la loi sur les Communautés européennes de 1986, intégrant les dispositions de l’Acte unique européen dans la législation irlandaise. Cependant, ce même jour, une injonction a été obtenue avec succès auprès de la Haute Cour, empêchant le gouvernement irlandais de ratifier le traité sans avoir au préalable soumis la question par référendum.

En avril 1987, dans l’affaire Crotty v. An Taoiseach, la Cour suprême a statué que, puisque l’Acte européen unique « constituait une étape significative et décisive sur la voie d’une politique étrangère européenne unique », il ne pouvait être ratifié que par référendum. 70 % de l’électorat vota en sa faveur l’été suivant.

Ballot boxes holding votes in the Seanad 2025 election

1 janvier 1990

Leadership irlandais dans une Europe en pleine évolution

L’Irlande a assumé sa quatrième présidence du Conseil des Communautés européennes de janvier à juin 1990 sous la direction du Taoiseach Charles Haughey.

Pendant cette présidence, une réunion spéciale du Conseil européen s’est tenue à Dublin en avril 1990. Le Conseil a convenu d’une approche commune à l’unification allemande afin de faciliter l’intégration de l’ancien territoire de la République démocratique allemande (Allemagne de l’Est) dans l’Union.

Elle a également convenu d’une approche commune des relations communautaires avec les pays d’Europe centrale et orientale après la chute du « Rideau de fer ».

18 juin 1992

euro currency

Naissance de la monnaie euro

La Communauté économique européenne (CEE) est devenue l’Union européenne (UE) en 1993 dans le cadre du traité de Maastricht (officiellement le traité sur l’Union européenne. L’Irlande a organisé un référendum sur le traité de Maastricht le 18 juin 1992. Le référendum a été adopté avec 69,1 % des voix pour.

Le traité de Maastricht a ouvert la voie à la création d’une Union économique et monétaire (UEM) constituée d’une partie des États membres de l’UE, et non de l’ensemble des membres. Cette union est appelée aujourd’hui « zone euro ».

1 juillet 1996

L’Irlande a assumé sa cinquième présidence du Conseil de l’Union européenne de juillet à décembre 1996 sous la direction du Taoiseach John Bruton.

Pendant cette présidence, un accord a été trouvé sur différents points concernant le lancement d’une monnaie européenne unique. Ces derniers comprenant le cadre juridique qui serait le fondement de l’utilisation de l’euro, le pacte de stabilité et de croissance, ainsi qu’un nouveau mécanisme de taux de change.

La « Déclaration de Dublin sur l’emploi » a également été adoptée au cours de cette présidence. La déclaration a établi des mesures nationales et communautaires visant à stimuler l’emploi dans l’ensemble de la communauté. L’Irlande et dix autres États membres ont officiellement commencé à utiliser l’euro comme monnaie officielle le 1er janvier 2002, en remplacement de leur monnaie nationale.

1 mai 2004

Journée de bienvenue

Alors qu’elle occupait la présidence du Conseil de l’UE en 2004, l’Irlande a connu une « Journée de bienvenue ».

Celle-ci marquait un élargissement significatif de l’UE : le 1er mai, Chypre, l’Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, Malte, la Pologne, la République tchèque, la Slovaquie et la Slovénie venaient rejoindre la famille de l’Union, qui passait ainsi de 15 à 25 pays.

EU25 2004 European Union map enlargement

12 juin 2008

European Parliament Information Office in Ireland

Les électeurs irlandais rejettent le traité de Lisbonne, puis l’approuvent lors d’un second vote

Le 12 juin 2008, l’Irlande a organisé un référendum sur le traité de Lisbonne. Le référendum a été rejeté, avec 53,4 % des voix contre. L’Irlande était le seul État membre à organiser un référendum sur le traité et son rejet a pris l’UE par surprise.

En réponse au rejet du traité par l’électorat irlandais, le gouvernement irlandais a obtenu plusieurs garanties de la part des dirigeants de l’UE, notamment un engagement par rapport au fait que le traité n’affecterait pas la loi ou la politique irlandaise sur certaines questions telles que la neutralité ou la fiscalité. Les États membres conserveraient également un Commissaire permanent au sein de l’UE.

Un second référendum sur le traité a été adopté le 2 octobre 2009, avec 67,1 % de voix pour.

31 mai 2012

En mars 2012, le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance, également connu sous le nom de pacte budgétaire européen, a été signé par 25 États membres. Initialement, le traité a été négocié comme une forme de coopération renforcée entre les États membres, la République tchèque et le Royaume-Uni n’ayant pas pris part au traité.

Le peuple irlandais a adopté le traité par référendum le 31 mai 2012.

European parliament Brussels

1 janvier 2013

La présidence irlandaise conclut des accords majeurs visant à soutenir la stabilité, la croissance et la réforme

Le 1er janvier 2013 marquait le 40e anniversaire de l’adhésion de l’Irlande à l’UE. Le même jour, l’Irlande commençait sa septième présidence du Conseil de l’Union européenne sous la direction du Taoiseach Enda Kenny.

Cette présidence s’est articulée autour des thèmes de la stabilité, de l’emploi et de la croissance. Pendant cette présidence, des accords ont été conclus sur le budget de l’UE de 960 millions d’euros pour une période de sept ans (cadre financier pluriannuel ou CFP), sur la nomination d’un superviseur unique pour le secteur bancaire, et sur un budget de 16 milliards d’euros pour l’éducation et la formation, la jeunesse et les sports.

Des accords ont également été conclus sur le 7e programme d’action pour l’environnement, la réforme de la politique agricole commune et de la politique commune de la pêche, ainsi qu’un mandat de négociation pour un partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP) entre l’UE et les États-Unis.

23 juin 2016

brexit jigsaw

Brexit

À la suite d’un référendum tenu le 23 juin 2016, le peuple britannique a voté pour quitter l’Union européenne.

Le 29 mars 2017, la notification officielle en vertu de l’article 50 du traité de l’Union européenne a été présentée par le Royaume-Uni au Conseil européen. Cette dernière a été suivie par des négociations sur les conditions du retrait du Royaume-Uni, qui se sont fortement concentrées sur les droits des citoyens de l’UE et du Royaume-Uni, le règlement financier du retrait du Royaume-Uni et les arrangements visant à éviter une frontière physique sur l’île d’Irlande.

1er janvier 2022

La langue irlandaise obtient le statut de langue officielle et de travail au sein de l’UE

Le 1er janvier 2022, une dérogation limitant la quantité de documents publiés par les institutions de l’UE pouvant être traduits en irlandais a expiré. En place depuis 2007, celle-ci s’était vue progressivement réduite depuis 2015.

L’irlandais est désormais sur un pied d’égalité avec les 23 autres langues officielles de l’UE, avec un statut complet de langue officielle et de travail.

irish full language 2022 16x9

1 juillet 2026

The Ceann Comhairle meeting pupils in Wexford schools for Europe Day 2025

En 2026, l’Irlande est de nouveau au centre de la prise de décisions de l’UE. Alors qu’elle assume à nouveau la présidence du Conseil de l’Union européenne, elle s’apprête à diriger des négociations complexes qui façonneront les lois et les politiques pour environ 450 millions de personnes.

L’Irlande a déjà assumé la présidence à sept reprises, souvent lors de périodes de changements importants.

Le mandat de 2026 offre une nouvelle occasion de guider l’UE, en s’appuyant sur l’expérience et la diplomatie, et en s’engageant dans la voie du partenariat.